Rébus de la presse

Revue de presse d'ITECO

31 janvier 2005

"...Un séisme échappe à la maîtrise humaine, mais les régions touchées n'étaient pas un paradis pour tout le monde. L'inégalité entre touristes occidentaux et populations locales, le régime militaire en Birmanie, les confilits au Sri Lanka et en Indonésie, l'exploitation sexuelle des enfants, tout cela existait avant le raz de marée. La lutte en faveur d'un autre monde pour les personnes qui vivaient déjà l'enfer avant le 26 décembre 2004 doit se poursuivre. Au-delà des gestes ponctuels de compassion que nous avons pu faire, nous nous engageons à continuer de dénoncer les injustices et d'agir ici, en Suisse, pour un monde plus juste. Le fait que les brevets rendent les médicaments trop chers pour être utilisés par les plus pauvres reste un scandale. L'évasion fiscale continue d'être inadmissible face à la nécessité de disposer de pouvoirs publiques efficaces, le respect des normes sociales et environnementales par les entreprises demeure indispensable".

Jean-Claude Huot, au nom de la Déclaration de Berne, ONG suisse, dans l'encart Après le tsunami, le 15 janvier 2005.

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28 janvier 2005

Scène de rue à Bombay. Photo de Sebastian de Souza

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27 janvier 2005

 

Peut-on légitimement accuser le Forum social de Porto Alegre de se livrer à une nouvelle séance de masturbation sociologique ? Ce serait injuste, d'après Kennedy Alencar, chroniqueur du quotidien Folha de São Paulo. Le Forum altermondialiste exerce un pression nécessaire sur les gouvernements et les multinationales, même si ses propositions alternatives ne sont pas toujours très lisibles.

Reconnaître l'importance du Forum social ne veut pas dire être d'accord avec tout ce qui est affirmé à Porto Alegre. Voir Hugo Chávez présenté comme le nouveau leader pour la gauche iberoaméricaine, par exemple, ça fait mal. La plupart des critiques adressés au sommet altermondialiste seraient donc du type « je n'ai pas vu le film et je n'ai pas aimé ».

Et en matière de masturbation sociologique, le Forum économique de Davos, « le rendez-vous annuel des décideurs », n'est pas à la traine. Voici le programme de la séance de clôture, ce 31 janvier 2005 : When does the economy serve the people?  Who is the economy really serving ? How can ethical standards be implemented in business ? Should business alone be in the line of fire ? Does the individual take his/her own responsibility seriously ? 


 

Dessin de Xavier Gorce | D.R.
Dessin de Xavier Gorce dans Le Monde

 

 

 

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24 janvier 2005

« Je ne peux accepter que la libération d'un pays doive coûter la vie à plus de cent mille personnes. Surtout quand on dit que c'est pour lutter contre le terrorisme ! Je suis totalement refractaire aux arguments des partisans de la guerre, parce qu'ils sont faux. Une bonne treintaine d'organisations terroristes nouvelles sont nées en Irak depuis l'intervention de la coalition. En continuant sur cette voie, les choses ne peuvent qu'empirer ».

Le juge espagnol Baltasar Garzón, intorrogé sur la stratégie militaire adoptée par le gouvernement nord-américain, dans Le Monde 2, du 22 janvier 2005

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23 janvier 2005

Le parti nationaliste flamand Vlaams Belang verse 12.500 euros à l'opération Tsunami 12-12, consortium composé par la Croix-rouge, Oxfam-solidarité, Handicap international, Caritas et l'Unicef. Deux d'entre elles, Oxfam et l'Unicef, réfusent cet argent. « Nous faisons passer l'humanitaire avant la politique » déclare Véronique de Waersegger, de la Croix-rouge belge, au Soir de Bruxelles. « Il n'y a aucune raison de refuser ce don », affirme, quant à elle, Annelies Vanoppen, de Handicap international.

La décision d'accepter l'argent d'un parti xénophobe est néanmoins très marquée politiquement et très peu humanitaire. Dans l'immédiat, elle contribue à la banalisation de l'extrème droite flamande, une conséquence politique indéniable. 

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21 janvier 2005

 

Au moins 290 candidats à l'émigration clandestine ont trouvé la mort dans les eaux du Détroit de Gibraltar et des îles Canaries en 2004, selon le rapport de l'Association des droits de l'homme de l'Andalousie réproduit par le quotidien Libération de Casablanca. Et ces chiffres ne concernent que le nombre de morts constatées. Il peut atteindre facilement le chiffre de 500 si l'on comptabilise tous les sans papiers portés disparus. Les frontières de l'Europe sont devenues un cimitière à ciel ouvert.

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17 janvier 2005

 

Le mariage blanc de Sonia

Henri Goldman

 
Sonia, c'est ma mère. Elle s'est éteinte paisiblement il y a quelques jours, à 92 ans. Ce n'était pas son vrai prénom. Juive polonaise arrivée en Belgique en 1938 avec un permis de travail, elle s'était donné un nom de guerre qui lui restera toute sa vie. En me plongeant dans ses papiers, je redécouvre un épisode édifiant.

Ainsi, un extrait du registre des mariages de la commune de Saint-Gilles nous apprend que « l'an 1942, 25 août, se sont unis par les liens du mariage Grégoire Louis Paÿe, journalier, né à Bruxelles, le 10 décembre 1872, y domicilié rue de la Roue 57, d'une part ; et Szajndla Wassersztrum, ouvrière corsetière, née à Lukow, Pologne, le 21 septembre 1912, y domiciliée, résidant à Saint-Gilles-lez-Bruxelles, rue de la Victoire 38, d'autre part. »

Une fois le mariage conclu, Sonia ne revit plus jamais son vieil époux, de 40 ans son aîné. Celui-ci reçut, pour sa peine, un petit pécule et un bon repas. Ce mariage était, comme on dit, « blanc ». Il n'était pas conclu pour être consommé, mais pour son effet administratif dérivé : par mariage, Sonia obtenait automatiquement la nationalité belge. Ce qui lui a peut-être sauvé la vie.

Car trois semaines auparavant, le 4 août 1942, avait commencé en Belgique la déportation en masse des Juifs. Entre cette date et le 31 octobre, 17.000 hommes et femmes, enfants et vieillards furent convoyés vers Auschwitz pour un voyage sans retour. Mais pendant plus d'un an, cette traque n'allait viser que les Juifs étrangers. Les Juifs belges ne perdirent leur semblant d'immunité qu'en septembre 1943. Alors, Sonia plongea totalement dans la clandestinité jusqu'à son arrestation et sa déportation en mars 1944. Détenue à Auschwitz-Birkenau jusqu'en janvier 1945, elle y passa dix mois horribles.

La nationalité belge de Sonia lui avait donc donné un an de séjour légal en plus pendant lequel, en faisant preuve de prudence, elle avait pu se prémunir du risque d'être appréhendée au cours d'une rafle ou sur dénonciation comme le furent quelques milliers de Juifs étrangers pendant la même période. Sans le subterfuge du mariage blanc, elle aurait peut-être été déportée un an plus tôt. Elle n'en serait alors jamais revenue. 

(...) En 1942, Sonia avait pu compter sur l'aide d'employés communaux pas trop zélés. Soixante ans plus tard, ce mariage n'aurait jamais pu être célébré, tant la man¦uvre était cousue de fil blanc. Et si par extraordinaire il avait été conclu, l'impossibilité de constater la cohabitation par la suite aurait entraîné son annulation, avec pour conséquence la perte d'un droit de séjour acquis « frauduleusement ». Quant au complaisant monsieur Paÿe, coupable d'avoir modestement tarifé un geste de solidarité, il aurait risqué pour ce crime les foudres du Code pénal au titre du « trafic des êtres humains ».

Car aujourd'hui, une suspicion généralisée frappe toutes les demandes d'installation en Belgique, qu'elles procèdent du regroupement familial ou de l'asile. Non sans quelque raison puisque de nombreux migrants détournent ces procédures qui sont les seules portes d'entrée légales pour qui veut s'établir ici. En 1942, Sonia n'avait pas agi autrement. Rétrospectivement, qui pourrait l'en blâmer ?

(...) Cette histoire nous rappelle ceci : toute aventure migratoire permet deux lectures, selon qu'on se place du point de vue du migrant ou de la société d'accueil, qu'on privilégie le droit des personnes à vivre dans la dignité et la sécurité ou le droit des États à maîtriser leurs frontières et leurs ressources. Ces deux lectures, également légitimes, s'opposent régulièrement. Comment les concilier ? Bien sûr, toute hospitalité a ses limites. Mais aucune limite ne saurait endiguer le besoin impérieux qui pousse chaque année des milliers de personnes à quitter leur terre natale à n'importe quel prix. Ce besoin s'exprimera quoi qu'on fasse, dans la légalité ou hors d'elle.

Une politique migratoire humaine et équilibrée n'est précisément que la quête permanente du meilleur compromis possible entre ces deux légitimités. L'équilibre serait définitivement brisé si on suivait ceux qui, à l'instar des Pays-Bas, voudraient privilégier aujourd'hui une approche uniquement policière. Campés sur leur grand mérite d'être nés du bon côté, ceux-là sont parfaitement capables de refouler sans états d'âme toutes les Sonia de la terre. Si, en 1942, celle dont je vous parle s'était trouvée en face d'eux à la Maison communale de Saint-Gilles, je ne serais sans doute pas là aujourd'hui pour raconter son histoire.



Ce texte a été publié dans Le Vif-L'Express du 24 décembre 2004.
Henri Goldman est auteur (Oublier Jérusalem ? Une approche d'Israël, du sionisme et de l'identité juive, Labor, 2002), codirecteur de la revue de débats « Politique » et coordinateur de l'Observatoire des migrations au Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, à Bruxelles.

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15 janvier 2005

Parmi tant d'images tristes, tristissimes même, une image pour rependre espoir : l'affiche de la campagne Congo wil groeien , Le Congo veut pousser, de Broederlijk Delen.

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14 janvier 2005

Les émissions de gaz à effet de serre « sont des actes délibérés, de la part de certains pays industrialisés, destinés à sécuriser leurs bénéfices en détriment des autres, et peuvent être comparés à des actes de terrorisme, d'écoterrorisme » a déclaré Anoote Tong, chef du gouvernement de l'île de Kiribati, un atoll du Pacifique de 90 mille habitants, se trouvant à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une Conférence internationale, sur l'Ile Maurice, destinée à combattre le changement climatique.

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Combien d'années encore
Ces crétins bariolés
Feront leur terrain de sport
D'un continent entier ?

Combien d'années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront le sol africain
Pour une cour de récré ?

Rénaud Séchan

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